samedi 12 janvier 2013

La manif contre tous


A la veille de la grande "manifestation pour tous", les médias nous rabattent les oreilles (c'est marrant comme la semaine avant une grande manif organisée par les syndicats on en entend moins parler...) !
Et voilà les reportages sur les familles à 4 enfants de Versailles, Bordeaux, du XVIème et de Lyon qui se préparent en appliquant leurs méthodes apprises chez les scouts pour faire pour la première fois de leur vie une pancarte revendicative (conseil d'expert : les trous dans les banderoles, ce n'est pas pour faire anarchiste, c'est pour laisser passer le vent !). C'est bien, liberté d'expression et de manifestation pour tous ! Prenons la parole et le pouvoir : place au peuple !
Ceci dit, les beaux messages sur le droit/la nécessité d'avoir "un père et une mère" doivent faire plaisir aux orphelins, aux enfants abandonnés ou nés sous X et aux enfants de parents divorcés... Passons...

C'est plus pour parler du fond que je voulais publier ce message.
Certains sont contre le mariage et l'adoption pour tous (pas au point de payer le voyage pour se les cailler dans un cortège monstrueux dans la capitale, mais presque) et expliquent que c'est un changement anthropologique fondamental, pas simplement une loi qui régularise la situation pour quelques milliers de concernés sur 66 millions de français. Ils ont raison, c'est une révolution (le iMariage-pour-tous).

Emancipation !
Voilà pour moi le mot-clé de la définition de ce qu'est le progrès pour l'Humanité. Prendre sa destiné en main, ne pas subir.

Les handicapés ont pendant des siècles été socialement exclus et aujourd'hui il nous parait normal qu'il n'y ait plus de marche à l'entrée d'un service public de transport en commun par bus et que les écriteaux dans les musées soient également écrits en braille, etc.
Les femmes ont pendant des siècles eu pour fonction sociale de porter des enfants et d'être offertes pour conclure une alliance entre deux familles/clans et aujourd'hui il nous parait normal qu'elles travaillent, votent, puissent décider de ne pas avoir d'enfant, etc.
Les petits, les grands, les bronzés, les roux, les chauves, etc. subissent encore des discriminations et la domination des "hommes normaux" (pour ne pas dire supérieurs ?! pourquoi pas les ariens tant qu'à y être ?) ! Or aujourd'hui un maigrichon roux peut diriger une multinationale par exemple, car nous nous sommes officiellement affranchis de critères physiques discriminants (tels que la force) pour instaurer des critères raisonnés tels que les compétences et les diplômes.
De la même façon, il n'y a plus de privilèges liés à la naissance, plus de nobles, plus d'esclaves, plus de serfs. Les inégalités tolérables seraient acquises par le travail et le mérite (en théorie du moins... car ce n'est pas toujours le cas, loin de là !!) !

Mais alors : POURQUOI les femmes, parce qu'elles sont nées avec un vagin, devraient-elles aimer les hommes parce qu'ils sont nés avec un pénis et réciproquement ?
Et POURQUOI la société et les lois favoriseraient une forme de couple par rapport à une autre forme de couple, sur des critères physiques non choisis par l'individu ?
Ce sont les actes, les choix, les volontés de l'individu qui doivent déterminer qui il est et ce à quoi il a droit. 
Les critères physiques, ou indépendants de sa volonté, ou imposés à l'individu, ne doivent pas contraindre ni restreindre ses droits !

Les couples homosexuels ont donc droit au mariage civil et à l'adoption, car c'est le sens du progrès humain vers l'émancipation des comportements sociaux vis-à-vis des contraintes physiques, car nous sommes plus que des animaux, nous sommes des êtres sociaux doués de raison.


Bonne manif à ceux pour qui la femme plus endurante reste dans la grotte pour multiplier les enfants pendant que l'homme plus musclé part à la chasse dans le but unique de la survie "naturelle" de l'espèce !
Bon weekend pour les autres, qui s'affranchissent de leur enveloppe charnelle pour atteindre des objectifs que leur fixe la raison ! Pour cela tous les outils sont bons, à commencer par l'école, le débat, la lecture, etc.